*********************************
Eid Mubarak à tous…
***********************************
Après la fameuse tripartite (gouvernement-UGTA-patronat) il a été décidé une augmentation de 20% du salaire minimum, donc le SMIG passe à 12000 DA.
Cependant la question que se pose le commun des Algériens, est ce que cette augmentation permet de faire face à l’augmentation du coût de la vie, tout en sachant que la majorité des produits ont subi ces dernières années une inflation importante ?
Dans les pays développés le salaire minimum est indexé à la croissance réelle de l’économie, qui est mesurée par le PIB (produit intérieur brut) c’est à dire la création de richesse par les agents économiques pendant une période donnée. D’ou l’appellation SMIC qui signifie salaire minimum interprofessionnel de croissance. Contrairement à notre SMIG et pas smid (la semoule) qui signifie salaire minimum interprofessionnel garanti : garantie par la manne pétrolière et la volonté divine que nos resserves d’hydrocarbure ne s’épuisent pas et que les pays développés ne trouvent pas une énergie de substitution qui signifierait tout simplement l’effritement de notre économie mono-éxportatrice.
A dix jours du début du mois sacré j’ai remarqué que les prix affichés dans nos marchés n’ont toujours pas connus de baisse. Pourquoi ces augmentations subites à la veille de chaque Ramadhan ? la réponse est le jeux de spéculation auquel se livrent nos commerçants véreux qui sont appâtés par le gain facile au détriment des petites bourses (j’ai entendu dire qu’il y a des familles qui vendent leurs bijoux pour manger pendant le ramadhan, écœurant pour un pays qui dispose de 55 milliards de resserve de change ! ! !).
Si réellement l’augmentation des prix était le fruit du marché, y aurait eu déséquilibre entre l’offre et la demande. Mais à la veille du ramadhan la majorité des agriculteurs interrogés étaient catégorique : « l’offre peut répondre largement à la demande des consommateurs », donc s’il y a inflation y a automatiquement spéculation des commerçants pour faire grimper les prix, a ce moment là je me demande ce que fait le gouvernement pour lutter contre ces pratiques économiques déloyales et qui sont interdites par le code du commerce ?
Le raisonnement d’un cadre du ministère du commerce, invité du JT de 20h de l’unique m’a fait beaucoup rire, ce cadre en économie n’a pas trouvé mieux pour expliquer l’augmentation subite mais attendue des prix par l’incivisme des consommateurs qui selon lui achètent trop pendant ce mois sacré et pour qu’il y ait baisse des prix, les consommateurs doivent consommer moins. C’est l’explication économique la plus absurde que j’ai entendu durant tout mon cursus et de surcroît venant d’un cadre du ministère du commerce…après tout ça moi je n’ai plus envie de manger,lol…
L’avion s’est posé à 18 heures à l’aéroport Houari-Boumediene. J’ai regardé par le hublot et n’ai rien ressenti. Absolument rien. On m’avait dit que je serai ému, que je pleurerai. Mes yeux sont aussi secs que mon cœur. Cette terre sera mienne lorsque j’en aurais chassé tous les impies qui la dirigent et tous les mécréants que mes compagnons, mes frères n’avons pas pu déferrer devant nos tribunaux populaires ou assassiner.
J’ai souvent imaginé ces retrouvailles durant toutes mes années passées à l’étranger. Elles sont telles que je les voulais. J’ai quitté le pays la peur aux talons, je reviens la tête haute, le port altier, puisque le chef, le grand chef, a décidé que je pouvais mettre fin à mon exile, car, a-t-il dit, « je suis un repenti ». C’est le grand chef qui l’affirme. Ce n’est pas moi ou mes frères qui le proclamons. Remarquez qu’il n’a exigé ni remords ni regrets. De quoi me repentirai-je d’ailleurs?
D’avoir déclaré que mes « frères » les égorgeurs, les violeurs, les massacreurs avaient eu raison de semer la terreur? Cela ne pose aucun problème à ma conscience et je ne regrette rien. Ceux qui ont été tués ne sont pas des victimes, c’étaient des KOUFFAR (mécréants) qui méritaient de mourir. Toutes les fois que tombai l’un ou l’une d’entre eux, je fêtais leur assassinat avec mes amis étrangers convaincus que j’étais leur invité, leur réfugié politique dont il fallait prendre soin. Certains « faits d’armes » m’ont plus marqué que d’autres: ainsi le 1er Novembre 1994 où périrent des enfants scouts à Mostaganem tués par l’explosion d’une bombe alors qu’ils se recueillaient sur les tombes des chouhadas.
Des patriotes en herbes et puis quoi encore? Pourquoi ne nous ont-ils pas écoutés lorsque nous avion maintes fois répété que le pays n’avait pas été libéré puisque gouverner par des incroyants ?
Ou encore indescriptible était ma joie lorsque tombait un « Taghout », journaliste, intellectuel, policier, militaire, une femme, ou qu’étaient tués leurs proches.
J’envoyais sur le champ des communiqués aux chaînes de télévision arabes acquises à notre cause, pour dire ma satisfaction et encourager mes frères de poursuivre leur chemin. De quoi donc me repentirai-je, je vous le demande ? De rien, absolument rien.
Le chef a décidé de m’appeler le « repenti », c’est son problème. Le mien est d’être revenu sans avoir à rendre des comptes. Ils avaient juré de me juger, ils m’appelaient « le terroriste », me voici aujourd’hui honoré, adulé, accueilli, comme un « héros » _ ce que je ne suis pas, il n’y a pas pire froussard et dégonflé que moi. Il fallait les voir se bousculer dans la salle de débarquement pour m’arracher une déclaration.
Ah oui ! il fallait les voir les journalistes agiter leurs micros, en tentant de m’approcher : « une déclaration…une déclaration…si Mansour… », Tiens, tiens ! ils m’appellent si Mansour (monsieur), hier j’étais le tueur. Remarquez c’est cela la réconciliation : on efface tout puisque je suis le repenti par décision du chef. Je leur ai promis une conférence de presse. Je sais qu’ils viendront nombreux. Le retour est exactement comme je l’avais imaginé et voulu, tandis que j’avais fui le pays pour un exil doré.
L’unique chose qui m’a contrarié est que l’on ne m’ait pas offert les dattes et le verre de lait promis par le chef. Mais le grand chef ne peut pas être au four et au moulin, me diriez vous, et puis il y avait mieux à l’accueil : mes frères étaient là, des repentis comme moi qui ont déclaré avoir tué de leurs propres mains et ne rien regretter. Je suis revenu et ils croient que j’ai changé d’avis ou qu’ils peuvent me convertit. Mais alors mes frères seraient-ils donc morts pour rien ? je suis revenu pour terminer ce qu’ils ont commencé et ce que j’avais laissé en suspens. Je suis chez moi et il ne s’est rien passé. Gare à celui ou à celle qui dira « terroriste » ! je suis chez moi il n’y a jamais eu de barbus barbares et de victimes de leur barbarie. Je suis chez moi et il paraît qu’ils ont peur de notre retour moi et mes frères. Ils savent que nous ne renoncerons jamais à notre dawla islamya. Ils savent que le grand chef nous encouragera à la fignoler. Ceux qui ne seront pas d’accord seront traînés devant les tribunaux islamistes et pendus sur la place publique. J’ai bien dit que je n’avais aucun regret. J’en nourris un seul tout de même : celui de ne pas avoir encouragé mes frères les assassins à éliminer plus « d’infidèles ». cela nous aurait facilité la tache. Mais avec l’aide du grand chef et de son chargé de mission nous réussirons. Je suis de retour moi le repenti, Said Mekbel, Mohamed Boukhobza, Fatiha Ourais, Mahfoud Boucebci, le colonel Hadj Chérif, les policiers, les militaires, Aboubakr, Belkaid, Hafid Senhadri, Pierre Calverie, ne verront plus jamais l’aube rosée illuminer
A moi de lui faire croire que je suis frère de tous les frères et de toutes les sœurs, hormis ceux qui refuseront de penser comme moi. A ceux-là seront réservés nos balles, nos couteaux et nos juridictions spéciales.
Je suis de retour moi, le repenti sans repentance. Je n’ai pas changé, je suis le commanditaire de tous les crimes. Le chef a décidé qu’il était grand temps pour lui de faire ériger la « dawla islamya » dont il a toujours rêvée. C’est pour cela qu’il a autorisé mes frères et moi à revenir au pays. Cela à pour nom, selon lui, la paix. Moi, je ne me réconcilierai qu’avec ceux qui me ressemblent.
Au fait qui était donc ce jeune homme qui fixait son regard sur moi à l’aéroport ? Je l’ai remarqué parce qu’il se tenait à l’écart et ses yeux m’ont semblé haineux. Je ne me suis pas trompé. C’est le fils d’un journaliste « taghout » tué par mes frères en 1994, m’a-t-on dit. Je suis de retour moi, le repenti sans repentance et il paraît que le jeune homme avait 20 ans, quand son père a été assassiné. Je suis de retour moi, le repenti sans repentance et ne suis plus sur de rien ni de personne.
NB : cette nouvelle est dédiée aux familles des victimes de terrorisme, car s’il est vrai qu’une décision présidentielle a blanchi les terroristes islamistes, elle ne saurait et ne pourrait avoir raison de notre résistance et de notre plume.
Sans pardon aucun, sans oubli. Nos mémoires nous appartiennent.
IN le soir d’Algérie du jeudi 21 septembre 2006.
PS : le mari de Leila Aslaoui a été assassiné par les islamistes en 1994.
Elle a sorti récemment un livre qui s’appelle « coupables » : dans ce livre Leila Aslaoui fait entendre le cri de douleur des femmes d’Algérie, encore otages de la loi, des traditions et des mentalités. Elle fait le récit du destin tragique de douze d’entre elles.
Peuple de la fénéquie, sage de DZblog alias Vagabond, personnes influentes de DZblog, ce message s’adresse à vous.
L’une des meilleurs plumes de DZblog va disparaître dans l’anonymat le plus total, une plume qui a beaucoup apportée à DZblog et dont je suis convaincu que vous êtes nombreux à lire quotidiennement.
Ses écris sont à la fois simples et complexes, doux et durs, chauds et glacés mais ils sont toujours sincères, des mots qui viennent tout droit de son cœur pour toucher en laissant des traces indélébiles sur ses destinataires et moi hakim alias GOTIK j’ai été l’une de ses victimes.
Alors peuple de la fénéquie unissez vous et soutenez celle que j’aime appeler depuis récemment « princesse Sabrina » alias Sabri Bulle (http://sabri.dzblog.com), une personne si attachante qui traverse en ce moment une mauvaise période et qui croit que la bonne solution c’est de fermer son blog et de se replier sur elle-même. Non Sabrina tu n’es plus toute seule dans ta bulle toute la communauté de la fénéquie est à tes cotés, alors ouvre ton cœur et contenu cette thérapie que tu ne peux trouver que dans l’écriture.
PS : je poursuis tête haute et le point levé, le combat qui me mènera à la victoire...Carpe Diem. (c'est cette Sabrina que je préfére)
SAHA RAMDHANKOUM
SAHA RAMDHANKOUM
SAHA RAMDHANKOUM
SAHA RAMDHANKOUM



